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SAINT JOSEPH

Saint Joseph, père de notre Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Bienheureuse Vierge Marie, est le plus grand de tous les saints. Bien qu'il soit mort avant l'institution de l'Eucharistie, aucun saint n'a été chargé de veiller d'aussi près sur le Pain de Vie que lui. Choisi par le Père Éternel pour garder son Fils incarné, saint Joseph est devenu le fidèle protecteur de Celui qui se donnerait un jour comme le Pain vivant descendu du ciel pour la vie du monde. Vivant constamment en présence de Jésus, il en fut aussi le premier adorateur avec la Vierge Marie, faisant de toute sa vie un acte d'adoration envers le Verbe incarné.
 

Protecteur du Pain de Vie

Pour mieux comprendre saint Joseph, il faut d'abord se tourner vers le patriarche Joseph, qui est la figure annonciatrice du Joseph de la Nouvelle Alliance. Dans l'Ancien Testament, Joseph était le fils bien-aimé de Jacob. Par jalousie, ses frères le vendirent comme esclave en Égypte. Là, par la grâce de Dieu, il interpréta les songes de Pharaon et annonça sept années d'abondance suivies de sept années de famine. Reconnaissant sa sagesse, Pharaon l'établit gouverneur de toute l'Égypte et lui confia la mission de rassembler et d'entreposer le blé pendant les années d'abondance afin que le peuple puisse survivre à la famine.

 

Lorsque la famine survint, le peuple cria vers Pharaon pour obtenir du pain. Celui-ci lui répondit par ces paroles célèbres : « Allez à Joseph ; faites tout ce qu'il vous dira. » (Gn 41,55). Joseph ouvrit les greniers, distribua le blé et sauva ainsi non seulement l'Égypte, mais aussi les peuples des nations voisines.

 

Si le Joseph de l'Ancien Testament est déjà si grand, combien plus grand est le Joseph du Nouveau Testament ! Comme le patriarche, saint Joseph descend lui aussi de Jacob selon la généalogie de David. Comme son illustre prédécesseur, il reçut les messages de Dieu par des songes et obéit fidèlement à chacun de ses ordres. Lorsque le roi Hérode chercha à faire mourir l'Enfant Jésus, Joseph prit Marie et l'Enfant et s'enfuit en Égypte, préservant ainsi le Sauveur de la mort.

 

Le patriarche Joseph conserva un blé terrestre qui soutint la vie du peuple pour un temps. Saint Joseph, quant à lui, ne protégea pas un pain périssable, mais le véritable Pain de Vie : Jésus-Christ lui-même. En gardant, en nourrissant et en protégeant l'Enfant Jésus, il veillait sur Celui qui, plus tard, nourrirait le monde entier de son Corps et de son Sang. C'est d'Égypte que le véritable Pain de Vie revint pour être offert à toutes les nations et rassasier la faim la plus profonde du cœur humain.

 

C'est pourquoi saint Joseph peut être appelé, à juste titre, le protecteur du Pain de Vie. Il reçut entre ses mains le plus grand trésor jamais confié à un homme : le Fils de Dieu fait chair.

 

Aujourd'hui, le monde souffre d'une famine bien plus grave que le manque de pain : une famine de grâce, de vérité et de vie éternelle. D'innombrables âmes ont faim du Pain qui seul peut combler les désirs les plus profonds du cœur humain. Il est peut-être temps d'entendre de nouveau l'antique parole de Pharaon, désormais comprise dans toute sa plénitude : « Allez à Joseph ; faites tout ce qu'il vous dira. » (Gn 41,55). Par sa puissante intercession, que saint Joseph nous conduise toujours à Jésus-Christ présent dans la Très Sainte Eucharistie, le Pain de la Vie éternelle.

« Pharaon, le puissant roi d'Égypte, éleva Joseph et le fit le premier prince de son royaume, parce qu'il avait amassé le blé et le pain et sauvé le peuple de tout son royaume. Ainsi Joseph sauva et protégea le Christ, qui est le Pain vivant et qui donne la vie éternelle au monde. » (Saint Laurent de Brindes)

Adorateur du Christ

Bien que saint Joseph n'ait jamais pratiqué l'adoration eucharistique telle que nous la connaissons aujourd'hui, il fut, au sens le plus profond du terme, le parfait adorateur, car toute sa vie s'est déroulée dans la présence de Jésus-Christ. Il a contemplé, servi et aimé le Verbe incarné avec une fidélité sans faille.

Le père Donald Calloway l'exprime admirablement : « Partout où saint Joseph allait avec son Épouse et son Fils, sa demeure devenait une chapelle d'adoration. Nazareth, Bethléem et l'Égypte sont autant de lieux où saint Joseph a contemplé la présence divine de Jésus-Christ et invité les autres à faire de même. En ce sens, saint Joseph est le fondateur des chapelles d'adoration et, avec son Épouse, le premier à avoir porté en procession le Corps du Christ. » (Consécration à saint Joseph, Les merveilles de notre Père Spirituel)

La première « chapelle d'adoration » établie par saint Joseph fut Bethléem, dont le nom signifie en hébreu « Maison du Pain ». C'est là que le Pain de Vie fut manifesté pour la première fois au monde. Déposé dans une mangeoire, le lieu où les animaux viennent se nourrir, l'Enfant Jésus annonçait déjà le Pain céleste qu'il offrirait un jour au monde dans le mystère de la Sainte Eucharistie.

Cette manifestation attira les bergers des campagnes et les mages venus d'Orient. Tous accoururent pour contempler le Roi nouveau-né et, tombant à genoux, l'adorèrent, à l'exemple de Marie et de Joseph, les premiers adorateurs du Verbe fait chair.

À partir de cet instant, toute la vie de saint Joseph devint une adoration ininterrompue. Dans la pauvreté de Bethléem, l'exil en Égypte ou le silence de Nazareth, il demeura sans cesse en présence de Jésus, l'adorant par sa contemplation silencieuse, son travail humble, son obéissance fidèle, son amour sacrificiel et sa prière continuelle.

« Saint Joseph, après la Très Sainte Vierge, a été le premier et le plus parfait adorateur de Notre Seigneur. Il adorait avec une vertu de foi plus grande que celle de tous les saints; il adorait avec une humilité plus profonde que celle de tous les élus; il adorait avec une pureté plus pure que celle des anges; il adorait avec un amour qu’aucune autre créature, angélique ou humaine, n’eut et ne put avoir pour Jésus; il adorait avec un dévouement aussi grand que son amour. La vie de saint Joseph fut une vie d’adoration de Jésus, mais d’adoration parfaite. Je m’unirai donc bien à ce saint adorateur, afin qu’il m’apprenne à adorer Notre Seigneur et à me faire entrer en société avec lui, afin que je sois le Joseph de l’Eucharistie comme il a été le Joseph de Nazareth. » (Saint Pierre-Julien Eymard)

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