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L'ADORATION
Mission

« Jésus gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher. »

(Mc 3, 13-14)

« La Sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Eglise, c’est-à-dire le Christ lui-même, lui notre Pâque, lui le pain vivant, lui dont la chair, vivifiée par l’Esprit-Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes, les invitant en les conduisant à offrir, en union avec lui, leur propre vie, leur travail, toute la création. On voit donc comment l’Eucharistie est bien la source et le sommet de toute évangélisation. »

(Vatican II, Presbyterorum Ordinis, n° 5)

« Evangélisation pour l’Eucharistie, dans l’Eucharistie et à partir de l’Eucharistie : ce sont trois aspects inséparables de la manière dont, l’Église vit le mystère du Christ et accomplit sa mission de le communiquer à tous les hommes. »

(St Jean-Paul II, Congrès International Eucharistique de Séville 1993)

GRÂCES PERSONNELLES

1.  Vivre une rencontre personnelle avec le Christ et faire l’expérience de son amour infini

« Il n’y a rien de plus beau que d’être rejoints, surpris par l’Évangile, par le Christ. Il n’y a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres l’amitié avec lui. Cette affirmation acquiert une plus forte intensité si nous pensons au mystère eucharistique. En effet, nous ne pouvons garder pour nous l’amour que nous célébrons dans ce Sacrement. Il demande de par sa nature d’être communiqué à tous. Ce dont le monde a besoin, c’est de l’amour de Dieu, c’est de rencontrer le Christ et de croire en lui. C’est pourquoi l’Eucharistie n’est pas seulement source et sommet de la vie de l’Église; elle est aussi source et sommet de sa mission : “Une Église authentiquement eucharistique est une Église missionnaire”. Nous aussi, nous devons pouvoir dire à nos frères avec conviction : “Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous” (1 Jn 1, 3). » Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, n°84

« Il est bon de s’entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé (cf. Jn 13, 25), d’être touchés par l’amour infini de son cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, chers Frères et Sœurs, j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien » Saint Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 25

2.  Fortifier la Foi pour affermir l’union au Christ​​​

Saint Jean-Paul II témoigne :

« Il est bon de s’entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé, d’être touchés par l’amour infini de son cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien ! » (Saint Jean-Paul II, Lettre encyclique, ‘Ecclesia de Eucharistia’, n. 25, 2003)

 

La vie peut être si rude, les combats si violents, les échecs si douloureux. Saint Damien, l’apôtre des lépreux, dans l’enfer de Molokaï, fait d’égoïsme, de brutalité et de désespoir, transforme peu à peu les lépreux en une communauté authentique. Il organise l’adoration eucharistique permanente sur l’île :

 

« Je trouve ma consolation dans mon unique compagnon qui ne me quitte plus, c’est-à-dire notre divin Sauveur dans la Sainte Eucharistie. C’est au pied de l’autel que nous trouvons la force nécessaire dans notre isolement. Sans le Saint-Sacrement, une position telle que la mienne ne serait pas soutenable. Mais ayant notre Seigneur à mes côtés, eh bien ! Je continue d’être toujours gai et content. Avec cette gaieté de cœur et le rire sur les lèvres, je travaille avec zèle au bien des pauvres malheureux lépreux et petit à petit, sans trop d’éclat, le bien se fait… [Jésus au Saint-Sacrement] est le plus tendre des amis avec les âmes qui cherchent à Lui plaire. Sa bonté sait se proportionner à la plus petite de ses créatures comme à la plus grande. Ne craignez donc pas dans des conversations solitaires, de L’entretenir de vos misères, de vos craintes, de vos ennuis, de ceux qui vous sont chers, de vos projets, de vos espérances, faites-le avec confiance et à cœur ouvert. » (St Damien de Molokai, Lettre à son frère, 13 déc 1881)

 

En Galilée, les foules se pressaient autour Jésus pour l’entendre et être guéris de toute infirmité. Marie-Madeleine est libérée de sept démons après avoir rencontré Jésus. L’hémorroïsse le toucha par sa foi, libérant ainsi sa puissance. Jésus prend conscience de la force qui est sortie de lui et dit : « Qui m’a touché ? » (Mt 5, 30). Notre foi touche le Cœur de Jésus et libère sa puissance et son amour guérissant sur nous, notre famille et le monde entier, chaque fois que nous allons à lui au Saint-Sacrement.

3.  Nourrir l’Espérance qui ne déçoit pas

Saint Jean-Paul II témoigne :

 

« Il est bon de s’entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé, d’être touchés par l’amour infini de son cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien ! » (Saint Jean-Paul II, Lettre encyclique, ‘Ecclesia de Eucharistia’, n. 25, 2003)

La vie peut être si rude, les combats si violents, les échecs si douloureux. Saint Damien, l’apôtre des lépreux, dans l’enfer de Molokaï, fait d’égoïsme, de brutalité et de désespoir, transforme peu à peu les lépreux en une communauté authentique. Il organise l’adoration eucharistique permanente sur l’île :

« Je trouve ma consolation dans mon unique compagnon qui ne me quitte plus, c’est-à-dire notre divin Sauveur dans la Sainte Eucharistie.

C’est au pied de l’autel que nous trouvons la force nécessaire dans notre isolement. Sans le Saint-Sacrement, une position telle que la mienne ne serait pas soutenable. Mais ayant notre Seigneur à mes côtés, eh bien ! Je continue d’être toujours gai et content. Avec cette gaieté de cœur et le rire sur les lèvres, je travaille avec zèle au bien des pauvres malheureux lépreux et petit à petit, sans trop d’éclat, le bien se fait… [Jésus au Saint-Sacrement] est le plus tendre des amis avec les âmes qui cherchent à Lui plaire. Sa bonté sait se proportionner à la plus petite de ses créatures comme à la plus grande. Ne craignez donc pas dans des conversations solitaires, de L’entretenir de vos misères, de vos craintes, de vos ennuis, de ceux qui vous sont chers, de vos projets, de vos espérances, faites-le avec confiance et à cœur ouvert. » (St Damien de Molokai, Lettre à son frère, 13 déc 1881)

En Galilée, les foules se pressaient autour Jésus pour l’entendre et être guéris de toute infirmité. Marie-Madeleine est libérée de sept démons après avoir rencontré Jésus. L’hémorroïsse le toucha par sa foi, libérant ainsi sa puissance. Jésus prend conscience de la force qui est sortie de lui et dit : « Qui m’a touché ? » (Mt 5, 30). Notre foi touche le Cœur de Jésus et libère sa puissance et son amour guérissant sur nous, notre famille et le monde entier, chaque fois que nous allons à lui au Saint-Sacrement.

4.  Raviver la charité divine pour la partager

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force… Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mc 12, 30).

 

Pour aimer son prochain avec vérité et générosité, il faut d’abord se savoir aimé et s’aimer soi-même. Dans ce sens, l’adoration eucharistique permet de faire l’expérience personnelle de l’amour et de la tendresse du Père pour chacun. La prière n’est pas un obstacle ou une fuite du service, mais elle donne la grâce d’agir avec la force de Dieu. Puisque l’Eucharistie est le sacrement de la communion avec Dieu et avec le prochain, plus nous vivons de l’Eucharistie, plus notre communion avec le Christ est authentique et par conséquent plus notre charité envers le prochain est concrète.

 

« La prière comme moyen pour puiser toujours à nouveau la force du Christ devient ici une urgence tout à fait concrète. Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l’action. La piété n’affaiblit pas la lutte contre la pauvreté ou même contre la misère du prochain. La bienheureuse Teresa de Calcutta est un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l’efficacité ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable… » (Benoît XVI, “Deus Caritas Est”, n° 36)

 

Pour sainte Teresa de Calcutta, les activités caritatives sont un rayonnement de la vie eucharistique :

« Chaque jour, nous exposons le Saint-Sacrement, et nous nous sommes aperçues d’un changement dans notre vie. Nous avons ressenti un amour plus profond pour le Christ à travers le masque affligeant des pauvres. Nous avons pu mieux nous connaître et mieux connaître le pauvre comme témoignage concret de Dieu. Depuis que nous avons commencé cette adoration du Saint-Sacrement, nous n’avons pas diminué notre travail, nous y consacrons autant de temps qu’auparavant, mais avec plus de compréhension. Les gens nous acceptent mieux. Ils ont faim de Dieu. Ils n’ont plus besoin de nous, mais de Jésus. […] L’Eucharistie est pour nous le sacrement de la prière, la source et le sommet de la vie chrétienne. L’Heure Sainte devant l’Eucharistie doit nous conduire à l’heure sainte avec les pauvres, avec ceux qui n’auront jamais d’accomplissement humain et dont la seule consolation sera Jésus. Notre Eucharistie est incomplète si elle ne nous conduit pas au service et à l’amour des pauvres. »

5.  Se laisser toucher par la grâce

Pour évangéliser son frère et lui apporter la Bonne Nouvelle, il faut l’avoir reçu et expérimenté dans son corps et son esprit.

  • Évangélisation de la mémoire : Tant d’images impures, de paroles blessantes ou de gestes violents ont pu s’imprimer profondément dans la mémoire de notre corps ou de notre esprit et nous blesser profondément. En contemplant l’Hostie sainte, Corps glorieux du Christ, le Seigneur pose son regard d’amour sur nous et nous fait ressentir sa tendresse, sa présence, son amour guérissant. Sous la lumière du Ressuscité, le Christ touche nos sens intérieurs car « le soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons » (Ml 3, 20). En regardant la Sainte Hostie, le Seigneur guérit les blessures les plus profondes du corps, de l’esprit ou de l’âme.

 

  • Évangélisation de l’intelligence : Entrer dans l’humilité et le silence de Dieu dans l’Eucharistie. En face de l’incompréhensibilité du mystère eucharistique, notre intelligence fait sienne la parole de Pierre : « Seigneur à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons et nous avons reconnu que tu es les Saint de Dieu » (Jn 6, 68). Puisque Jésus est la Vérité, il ne peut nous tromper. L’intelligence apprend à se soumettre à la Vérité révélée. L’intelligence, éclairée par la foi, s’élève vers la Vérité éternelle.

Qu’il est difficile de rester en silence devant la Sainte Hostie. L’adoration eucharistique est une école de ferveur, mais aussi de silence. Si la Parole éternelle de Dieu, qui prolonge son incarnation dans la petite hostie, reste entourée de silence, c’est pour nous apprendre à entrer dans le silence de la prière. C’est seulement là que Dieu parle à mon cœur.

Adorer le Saint Sacrement, c’est savoir faire une pause dans sa journée, un arrêt pour revenir à Dieu et se remettre en diapason avec le Seigneur et se plonger dans son amour : « Arrêtez et sachez que je suis Dieu » (Ps 46, 11).

 

  • Évangélisation de la volonté : Entrer dans la pauvreté de Dieu. Adorer, c’est adhérer, c’est à dire accueillir librement la volonté de Dieu et son plan d’amour qui se dévoile à travers la divine Providence. Dans l’adoration eucharistique, l’adorateur apprend à faire, non plus « sa volonté pour Dieu », mais « la volonté de Dieu ». Il faut revivre souvent cette conversion de la volonté. Trop souvent, les chrétiens se dépensent généreusement dans beaucoup d’activités qu’ils ont choisis, mais se découragent vite, car ils ont fait leur volonté pour Dieu. Avant d’agir, il faut se mettre à genoux, pour recevoir de Dieu, non seulement sa volonté, mais aussi la force de l’accomplir avec persévérance. Plus encore, adorer le Saint Sacrement, c’est apprendre à se décentrer de soi-même pour se centrer sur le Christ et sur sa Parole. C’est dire : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3, 9) plutôt que « écoute Seigneur, ton serviteur parle » !

 

 

On ne peut rester devant le Saint-Sacrement sans que la lumière du Christ illumine profondément l’âme et éclaire la conscience. L’Eucharistie est une nourriture de vérité. Les adorateurs sont poussés à puiser ensuite dans le sacrement la Réconciliation la grâce de la paix avec Dieu et avec eux-mêmes.

« Ce n’est pas seulement la pénitence qui conduit à l’Eucharistie, mais c’est aussi l’Eucharistie qui mène à la pénitence »  Saint Jean-Paul II, Lettre Apostolique, ‘Dominicae Cenae’, 1980)

 

« En renouvelant le cœur des paroissiens, l’adoration eucharistique pousse chacun à s’engager davantage dans sa communauté paroissiale et à devenir un « disciple missionnaire. » (Pape François)

« Si notre Église devient authentiquement eucharistique, elle sera une Église missionnaire. Nous aussi, nous devons pouvoir dire à nos frères avec conviction : « Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous » (1 Jn 1, 3). » (Benoit XVI, Exhortation Apostolique, ‘Sacramentum Caritatis’, n. 84, 2007)

GRÂCES PAROISSIALES

1.  Fidélité et ferveur dans la prière

Lorsqu’une paroisse organise l’adoration eucharistique continue, chaque paroissien est invité à venir régulièrement adorer le Saint-Sacrement. La communauté témoigne au monde de sa foi en la présence réelle du Jésus dans l’Eucharistie.

Aussi, cet engagement hebdomadaire fidélise les paroissiens dans la prière malgré les temps d’aridité et de sécheresse spirituelle inévitables. Ils apprennent à se détacher d’une attitude trop sensible ou sentimentale pour entrer dans une adoration « en esprit et en vérité ».

2.  Foyer de prière

Lorsque le Saint Sacrement est exposé en permanence dans une paroisse, les adorateurs se relaient d’heure en heure. La chapelle d’adoration eucharistique devient un foyer de prière, un oasis de vie divine au cœur de la paroisse.

« La chapelle d’adoration est devenue un vrai ‘foyer de prière’ depuis déjà plusieurs années. Notre communauté chrétienne est comblée. Je crois que l’adoration perpétuelle eucharistique est le plus noble et pourtant le plus facile accomplissement de ma vie de prêtre. Les bienfaits sont nombreux et l’effort de ma part est minime. Ce que je peux faire de mieux pour mes paroissiens est de les aider à grandir spirituellement… L’adoration perpétuelle rend Jésus présent tout le temps, pour tous et chacun. Il est vraiment là en personne pour chacun de nous. » Témoignage du père Michel Pieron, curé de Vichy, 2005.

Adorer, c’est faire « travailler le Saint Sacrement ». De même que dans l’évangile, Jésus faisait des merveilles lorsqu’il trouvait la foi dans un cœur, de même aujourd’hui Jésus continue ses merveilles lorsque nous posons l’acte de foi d’aller le rencontrer dans l’adoration. Le Christ (et non pas nos actions) a sauvé le monde. Notre prière fait descendre son salut dans nos vies et notre monde. Alors que Marie aime Jésus en se tenant à ses pieds, il dit à Marthe : « Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 42). 

3.  Fécondité apostolique

« Dans la Sainte Eucharistie, – c’est aussi le sens de l’adoration perpétuelle -, nous entrons dans ce mouvement de l’amour d’où découle tout progrès intérieur et toute fécondité apostolique : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12, 32). » Saint Jean-Paul II, Montmartre, 1980

 

Source de la vie divine, l’Eucharistie est une fontaine débordante de richesses spirituelles. Jésus promet l’eau vive découlant de son Cœur à ceux qui viennent en sa présence (cf. Jn 7, 37). Cette eau vivifie les cœurs et rend la communauté paroissiale plus apte s’engager dans la mission de l’Église. Les activités pastorales et caritatives y puisent leur fécondité. Aussi, par l’adoration prolongée, la paroisse est ancrée solidement sur le Christ, le Bon Pasteur des âmes…

« Jésus prêchait le jour, la nuit il priait. Il devait acquérir ses disciples de Dieu. C’est toujours valable. Nous ne pouvons pas gagner les hommes par nous-mêmes. Nous devons les obtenir de Dieu pour Dieu. Toutes les méthodes sont vides sans le fondement de la prière. La parole de l’annonce doit toujours baigner dans une intense vie de prière. » Cardinal Joseph Ratzinger : ‘la nouvelle évangélisation’ (8-10 décembre 2000)

4.  Grâces d’unité et de communion

Dans le prolongement de la messe, l’adoration permanente suscite des liens spirituels forts entre les adorateurs qui se succèdent d’heure en heure. Plus encore, des paroissiens de sensibilités spirituelles différentes sont appelés à collaborer pour assurer les relais de la chaîne d’adoration… 

5.  Charité et service

Plusieurs paroisses, ayant lancé l’adoration perpétuelle, ont ressenti le besoin d’organiser conjointement un centre d’accueil, d’écoute ou d’entraide. En discernant sous les apparences du pain la présence du Christ ressuscité, le fidèle reçoit la grâce de reconnaitre le Christ dans le prochain, et tout spécialement « sous le masque affligeant du plus pauvre » (Sainte Teresa de Calcutta). Par exemple, la paroisse Saint-Patrick à Londres offre un service d’écoute téléphonique permanent. Les écoutants restent en prière devant le Saint-Sacrement dans une chapelle aménagée pour cela. Chaque jour, nous exposons le Saint-Sacrement. Nous avons ressenti un amour plus profond pour le Christ à travers le masque affligeant des pauvres. Nous avons pu mieux nous connaître et mieux connaître le pauvre comme témoignage concret de Dieu…

6.  Vocations et sainteté

« Dans l’intimité de l’Eucharistie, certains découvrent qu’ils sont appelés au ministère de l’Autel, d’autres à contempler la beauté et la profondeur de ce mystère, d’autres à faire retomber cet élan d’amour sur les pauvres et les faibles, et d’autres encore à en recueillir la puissance transformante dans les réalités et les gestes de la vie quotidienne. Chaque croyant trouve dans l’Eucharistie non seulement la clé d’interprétation de son existence mais le courage pour la réaliser afin qu’il puisse construire, dans la diversité des charismes et des vocations, l’unique Corps du Christ dans l’histoire. » Saint Jean-Paul II, lettre aux prêtres, Jeudi Saint 2000

Un jeune prêtre Vietnamien qui exerçait son ministère à Singapour dans une petite paroisse raconte : « Célébrant la messe d’un dimanche de carême, je fus frappé par le nombre important de catéchumènes : quatre-vingts jeunes entre 18 et 35 ans. A la fin de la messe, ce jeune prêtre me fait visiter sa paroisse et je remarque, à côté de l’église, une petite salle climatisée, remplie de fleurs. Le Saint-Sacrement y est exposé jour et nuit, comme dans la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, et il y a toujours une quinzaine de personnes. Ce vicaire disait que le nombre de catéchumènes était lié à cette adoration. En effet, interrogeant ces jeunes qui lui demandaient le baptême, tous répondaient que depuis des mois, la nuit, ils venaient prier le Saint-Sacrement, sans très bien savoir ce qu’ils faisaient, mais ils étaient attirés par cette Présence. Oui, l’adoration attire, parce que tout homme a en lui ce désir de voir Dieu.

7.  Former des missionnaires : adoration – évangélisation

Dans l’évangile, adoration et évangélisation sont liés : « Jésus gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 13-14). Ici, l’adoration actualise le ‘venir à lui’. L’évangélisation, c’est ‘être envoyé vers’. Avant ‘d’aller vers’ les autres au nom de Jésus, il faut d’abord ‘venir à’ Jésus. Évangéliser sans adorer, c’est du prosélytisme. Adorer sans évangéliser, c’est de l’évasion.

 

« Tout engagement vers la sainteté, toute action visant à l’accomplissement de la mission de l’Église, toute mise en œuvre de plans pastoraux, doit puiser dans le mystère eucharistique la force nécessaire et s’orienter vers lui comme vers le sommet. Dans l’Eucharistie, nous avons Jésus, nous avons son sacrifice rédempteur, nous avons sa résurrection, nous avons le don de l’Esprit Saint, nous avons l’adoration, l’obéissance et l’amour envers le Père. Si nous négligions l’Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence. » Saint Jean-Paul II, Lettre encyclique ‘Ecclesia de Eucharistia’, n. 60, 2003

GRÂCES POUR LE MONDE

1.  Un service éminent pour l’humanité

En adorant le Saint-Sacrement, nous représentons la personne de notre famille, de notre paroisse, de notre monde qui a le plus besoin de la miséricorde divine. Celle-ci reçoit les grâces nécessaires pour revenir à Dieu le Père :

« Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde et à la germination de l’Évangile. Toute personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève à Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent ; ils présentent au Christ tous ceux qui ne Le connaissent pas ou ceux qui sont loin de Lui ; ils veillent devant Lui, en leur nom… » Saint Jean-Paul II, Lettre à Mgr Houssiau, 28 Juin 1996

 

En Exode 17, pendant que le peuple d’Israël luttait contre les Amalécites, Moïse intercédait pour la victoire du haut de la montagne. Lorsqu’il élevait les mains, Israël avait l’avantage. Lorsque ses bras s’alourdissaient, les ennemis prenaient le dessus… Moïse demande alors l’aide d’Aaron et d’Hur pour soutenir ses bras. Et le peuple de Dieu devient victorieux… La victoire vient toujours de Dieu. Elle se concrétise sur le terrain. Mais elle passe par les intercesseurs qui ne doivent pas interrompre leur prière. De même aujourd’hui, par l’adoration perpétuelle, les paroissiens se relaient d’heure en heure, dans le service de l’intercession continue. Le cœur des paroissiens est sans cesse élevé vers Dieu. Et Dieu donne la victoire à son peuple, son Église. Il envoie sa miséricorde, sa paix et sa lumière dans les cœurs et le monde…

2.  Rayonnement Eucharistique

Une chapelle d’adoration est un phare qui éclaire, unit, rayonne au loin. Lorsque Jésus est aimé et adoré, il accomplit sa promesse : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12, 32). Par l’adoration eucharistique, nous touchons le Cœur de Jésus. Ce Cœur s’est uni à chaque personne et touche tous les cœurs en retour…

 

Le philosophe américain Peter Kreeft écrit :

« C’est un des mensonges les plus destructifs de Satan de dire que rester assis dans une Église en adorant le Christ est inutile, superflu et nous éloigne de nos besoins vitaux et nos devoirs contemporains. L’adoration touche chaque personne et chaque chose car elle touche le Créateur, qui touche toutes choses et toutes personnes au monde, de l’intérieur, de son centre même. Lorsque nous adorons, nous plongeons dans l’œil du cyclone, le point immobile autour duquel le monde tourne. Nous nous unissons à un dynamisme et une puissance infini. »

3.  La réparation pour les grandes fautes et les grands délits du monde

La messe, du fait qu’elle perpétue le Sacrifice du Christ sur le Calvaire, a les mêmes fins que le Sacrifice de la Croix. L’adoration qui prolonge la messe possède les quatre mêmes finalités :

  • Honorer et adorer Dieu d’abord, ce qui doit être l’activité principale du croyant.

  • Rendre grâce à Dieu : c’est la finalité proprement eucharistique, le mot grec ‘eucharistia’ voulant dire précisément « action de grâces ».

  • La troisième finalité (que nous soulignons ici) est la réparation pour les péchés des hommes : c’est la finalité dite satisfactoire. C’est pour cela que le Fils s’est offert à son Père. C’est l’amour de Jésus poussé jusqu’à la fin (cf. Jean 13, 1) « qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d’expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ » (CEC, n° 616).

  • Enfin, la messe a une finalité impétratoire, du latin impetrare, « obtenir ». L’Eucharistie est une prière, le sommet de la prière de l’Église, dans laquelle nous demandons à Dieu ses dons et ses grâces.

 

« Nous avions de la prostitution devant notre église ; on y vendait de la drogue. Lorsque nous avons commencé l’adoration perpétuelle eucharistique, tout cela a cessé. Quand notre Seigneur au Saint-Sacrement est exposé sur l’autel, la criminalité a sensiblement diminué dans la région. J’en suis convaincu. » Témoignage d’un curé de Las Vegas

Au sujet du drame de l’avortement, Sainte Teresa de Calcutta affirme :

« Si les gens passaient une heure par semaine en adoration eucharistique, l’avortement cesserait. »

CONCLUSION

Concluons avec les paroles de saint Pierre-Julien Eymard qui déjà au XIXème siècle rappelait l’urgence de l’adoration eucharistique pour renouveler les cœurs, les paroisses et le monde :

 

« Aujourd’hui, l’exposition solennelle de Jésus sacramentel est la grâce et le besoin de notre époque. Elle est la grâce souveraine. L’exposition est l’arme puissante de l’Église et du fidèle… Nous ne craignons pas de l’affirmer : le culte de l’exposition du Très-Saint-Sacrement est le besoin de notre temps… Ce culte est nécessaire pour sauver la société. La société se meurt parce qu’elle n’a plus de centre de vérité et de charité, mais elle renaîtra pleine de vigueur quand tous ses membres viendront se réunir autour de la vie, à Jésus dans l’Eucharistie. Remontez à la source, à Jésus. Surtout à Jésus dans son Eucharistie… Qu’on le sache bien, une civilisation grandit ou décroît en fonction de son culte pour la divine Eucharistie. C’est là la vie et la mesure de sa foi, de sa charité, de sa vertu. Qu’il arrive donc ce règne de l’Eucharistie ! »

Saint Pierre-Julien Eymard, « Le siècle de l’Eucharistie » 1864

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